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Interview de Pierre Pauquet par L'Humanité
Interview de Pierre Pauquet par Gay.com
Interview 01 de Stephan Guérin-Tillié par Fr.Gay.com
Interview 02 de Stephan Guérin-Tillié par Fr.Gay.com
Interview de Pierre Pauquet pour L'Humanité :

Mort aux préjugés - histoire d'amour au masculin pluriel

Le scénariste Pierre Pauquet a un peu raconté de son histoire dans "Juste une question d'amour". Il revient sur la difficulté de présenter " sereinement" des homosexuels à l'écran.

Pendant des années, Pierre Pauquet a trimbalé dans ses cartons l'histoire d'amour de Laurent et Cédric. Pendant des années, les producteurs lui ont donné la même réponse : " Les gens ne sont pas prêts. " Pas prêts à voir deux garçons s'embrasser, s'aimer, vivre leur amour. Et puis, un jour, Hamster production et France 2 ont lu le scénario de Juste une question d'amour. Et ils ont craqué pour cette bluette classique : une rencontre, une passion folle, un obstacle (en l'occurrence, l'impossibilité pour Laurent d'avouer son homosexualité à ses parents), et une happy end. Tous les éléments de l'histoire sentimentale de base sont au rendez-vous. Sauf que l'histoire en question se décline au masculin pluriel.

Le scénariste Pierre Pauquet revendique la part d'autobiographie du téléfilm : " Je lutte depuis trente ans pour faire sortir l'homosexualité de son ghetto. Si je n'avais pas écrit ce film à la première personne du singulier, je me serais trahi moi-même. " Tranquillement installé dans un fauteuil, entre livres et café, l'auteur raconte sa volonté d'ancrer ses deux personnages dans un quotidien " universel " : ils ont un travail, des parents, un environnement social et affectif comme n'importe qui. Du coup, " tout le monde peut se reconnaître " dans leur coup de foudre ou leurs sentiments.

Cette histoire, Pierre Pauquet l'a portée depuis longtemps. Avec une envie très forte de raconter une vraie histoire d'amour, et non de remplir un quota de politiquement correct en impliquant un personnage homosexuel dans un film. " A· l'écran, les " pédés " doivent faire rire. Ou bien ils sont le confident, l'ami à qui on peut tout dire. Ce sont souvent des personnages très distanciés, qui évoluent dans un milieu très parisien, affublés de métiers " caractéristiques " : coiffeur, couturier, comédien. " Pierre Pauquet sourit tristement dans sa barbe et démonte un à un ces arguments. " On oublie trop souvent que les 6 millions de gays déclarés en France ne vivent pas tous dans le Marais, note-t-il. Je sais de quoi je parle : j'ai beaucoup vécu en province et vivre son homosexualité y est beaucoup plus difficile qu'à Paris. Et les gays ne sont pas tous de joyeux lurons. Beaucoup souffrent. " Lui, il s'est toujours battu pour la reconnaissance des homosexuels à vivre " normalement ". " J'ai toujours milité, après les affres de mon adolescence. Comme Laurent, mon héros, j'ai très mal vécu la découverte de mon homosexualité. C'était terrifiant. Comme lui, je suis allé vers des filles, je voulais mourir, je pensais que ma vie allait être un enfer. " Et surtout, " on a l'impression que la tendresse familiale va éclater, qu'on va être rejeté par ceux qu'on aime ". Souvent, trop souvent, c'est encore le cas, " même si les choses ont progressé ". Voir le débat autour du pacs, il y a quelques mois.

Re-sourire. " Lorsqu'on est adolescent, la découverte de la sexualité est déjà bouleversante. Quand on est homo, on n'est renvoyé qu'à sa sexualité. C'est obsédant. Parce qu'un être humain ne se définit pas seulement par sa sexualité. " Pour lui, les homosexuels ont contribué, dans leur soif de reconnaissance, à dessiner cette image. " J'ai fait partie du Front homosexuel d'action révolutionnaire. ·A la fin des années soixante, pour nous faire accepter, nous avons utilisé tous les stéréotypes, jusqu'à la provocation. " Un passage obligé. Mais aujourd'hui, Pierre Pauquet revendique plus haut que jamais " le droit à l'indifférence, à se noyer dans la masse ". " Vous savez, pour beaucoup de gens, homosexuel égale Gay Pride. Je le vois avec ma propre mère, notamment. Elle n'a qu'une trouille : que je me fasse filmer dans ce genre de manifestations. Parce qu'elle ne supporte pas cette image de l'homosexualité. "

En attendant, Pierre Pauquet a un rêve : " que dans quelques années, on n'ait plus besoin de raconter l'histoire d'un gay qui souffre à cause du poids de la société ". Et de ses préjugés.

Caroline Constant

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Interview de Pierre Pauquet pour Gay.com :

"Juste une question d'amour" : interview de Pierre Pauquet

Cette interview est longue, mais nous avons décidé de ne pas la couper.

Pierre Pauquet a écrit le scénario et les dialogues de "Juste une question d'amour". Il a 48 ans. après une école de cinéma, il a commencé par être assistant, et a commencé à écrire vers 30 ans. "Il faut avoir vécu pour écrire, il faut avoir de la maturité, avoir un peu souffert" explique-t-il. Il a écrit le scénario tout seul, puis il a retravaillé certaines scènes avec le réalisateur.

Gay.com : Comment s'est passé votre coming-out ? L'histoire est-elle plus ou moins autobiographique ?

Pierre Pauquet : Oui, le film est en partie autobiographique. J'ai fait mon coming-out il y a longtemps, à l'époque ça ne s'appelait pas comme ça... (rire) Je ne m'en souviens pas très bien. A la mort de mon père, j'ai dit à ma mère que j'étais pédé et que c'était comme ça. Comme Cédric dans le film.

Gay.com : Il existe un téléfilm américain intitulé "Toi mon fils" qui exprime parfaitement bien cette souffrance lors d'un coming-out d'un jeune adolescent étudiant. Vous en êtes-vous inspiré ?

Pierre Pauquet : Non, je ne connais pas ce film américain.

Gay.com : Êtes vous conscient qu'en créant des personnages si "banals", si ordinaires et accessibles, vous atteindriez forcément votre public, ou doutiez-vous de votre succès ?

Pierre Pauquet : Je ne pensais pas que le film aurait un tel impact. Le fait que les personnages soient inscrits dans un quotidien très banal a dû marquer les gens davantage que s'ils avaient évolué à paris, dans le Marais. C'était une volonté claire de l'équipe (le réalisateur, la productrice, France 2, et moi) d'être en province, de s'éloigner de Paris et de tout ce qui pouvait inscrire les gays dans un ghetto.

Gay.com : Pensez-vous qu'on n’a jamais vu ça ni au ciné ni a la télé ? ("Beautiful thing" est ce qui se rapproche le plus mais ce sont des ados pas des adultes)

Pierre Pauquet : Je ne pense pas qu'on ait déjà vu un film comme ça. A la télé c'est la première fois qu'on voit des personnages comme ça, sans caricature, pendant une heure et demi, et pas en personnages secondaires. Ca, c'est la mode, de mettre les pédés en personnages secondaires !

Gay.com : Combien de temps a duré le tournage ?

Pierre Pauquet : 5 semaines, le film est censé se passer dans la région de Lille mais a été tourné en Belgique.

Gay.com : Pourquoi le scénario n'attaque pas frontalement la question du coming-out lui-même ? L'intervention de la mère est vexante : on aurait voulu voir Laurent résoudre le problème lui-même.

Pierre Pauquet : Ca aurait pu être un autre film, une autre histoire. J'ai raconté une histoire qui m'est arrivé, et le point central de cette histoire est justement que Laurent ne veut pas faire son coming-out.

Gay.com : D'ou vient l'expression "pédé comme un sac à dos" ?

Pierre Pauquet : On a inventé ça pendant le tournage, personne ne connaissait cette expression. Je crois que c'est la réalisateur qui a inventé cette blague. Depuis ça nous est resté, on se "traite" parfois comme ça ! (rire) Peut-être qu'on a lancé une nouvelle expression... Elle a été inventé par des pédés, donc tout va bien !

Gay.com : Je suis un jeune comédien belge gay. En tant que gay, les portes du cinéma et théâtre français vous ouvre-t-il ou vous ferme-t-il ses portes ? En d'autres termes : faut-il dire son homosexualité pour réussir dans le métier ou vaut-il mieux la dissimuler ?

Pierre Pauquet : Ca n'ouvre ni ne ferme aucune porte. C'est une question qu'on ne se pose pas dans le milieu du cinéma. J'ai toujours dit que j'étais gay, et ça n'a jamais été une entrave dans mon métier. Il y a toujours des gens homophobes, mais ils ne le disent pas beaucoup, dans ce milieu. Le milieu du cinéma étant plutôt ouvert, ça n'est pas un handicap du tout.

Gay.com : J'aimerais que cette première ne soit pas une dernière. Peut-on espérer d'autres téléfilms de ce genre dans l'avenir ?

Pierre Pauquet : S'il s'agit de refaire le même film, non, bien sûr. Mais j'ai très envie de raconter de nouveau une histoire dans les héros sont gays. Mais dont le scénario ne tournerait pas autour du coming-out.

Mais ça ne sera pas pour le moment, parce qu'à France 2, ils diraient que j'exagère (rires). Mais ils doivent être plutôt contents, parce qu'en général les 15-30 ans regardent peu France 2, et là ils ont beaucoup regardé le film.

Gay.com : Quel public est visé en premier ? Gays ? Parents ?

Pierre Pauquet : Jamais, en faisant le film, on n'a pensé en terme de cible. Jamais. J'ai écrit de façon à ce qu'on puisse s'identifier aux personnages. C'est le travail du scénariste !

Gay.com : Quel message avez-vous voulu faire passer avec ce film ?

Pierre Pauquet : Le message est simple : "Le droit au bonheur, ça existe".

Propos recueillis par XIII pour OOups / Gay.com, avec les questions des lecteurs

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Interview 01 de Stephan Guérin-Tillié par Fr.Gay.com :

"Juste une question d'amour" : interview de Stephan Guérin-Tillié

Cette interview est longue, mais nous avons décidé de ne pas la couper pour vous permettre de connaître le mieux possible l'acteur qui se cache derrière "Cédric".

Stephan Guérin-Tillié joue le rôle de Cédric, le chercheur. Il a 28 ans et est acteur depuis l'âge de 18 ans. Il a joué dans des films au cinéma, mais aussi des téléfilms, dont la version télé des "marmottes". Il vient également de réaliser un court métrage. Bien qu'il participe au festival de Gerardmer, il a accepté de répondre à vos questions. Il est très chaleureux et propose tout de suite le tutoiement...

Gay.com : Est ce ton premier rôle de gay ?

Stephan Guérin-Tillié : Non, j'ai déjà joué des rôles de gay dans deux courts métrage, réalisés par la même réalisatrice.

Gay.com :Est-ce que ça a été un personnage facile à interpréter ?

Stephan Guérin-Tillié : Oui. Dans la mesure où c'était une histoire d'amour, donc je ne me suis pas vraiment posé la question de la sexualité. Ce sont des rapports d'être humain à être humain. Ce qui était important, c'était de croire à l'histoire d'amour, plutôt que de penser en terme d'homosexualité ou d'hétérosexualité.

On peut oublier que c'est deux mecs, on s'en fout presque... C'est ce que j'ai trouvé intéressant. Les autres personnages voient deux mecs, mais les deux héros ne se posent pas la question, ils s'aiment, point final.

Pour les scènes de baiser, je me suis posé la question, je ne suis demandé si ce serait difficile. ce n'est pas aussi difficile que ça. J'ai pensé à un ami gay, ça m'a aidé à réfléchir au personnage de Cédric.

Gay.com :Un lecteur, comédien et gay, demande si tu ne penses pas que ce qui ferait vraiment avancer les choses, ce serait que la sexualité d'un personnage devienne un détail anodin ?

Stephan Guérin-Tillié : Il a raison. Le jour où ce sera gagné, c'est le jour où il n'y aura pas de regard malsain sur quoi que ce soit. Le film aurait pu traiter de plein d'autres choses que l'homosexualité puisque c'est un film sur la tolérance. Quand Christian (le réalisateur) m'en a parlé, il était hors de question que je laisse passer le projet.

Gay.com : Penses tu qu'il est plus facile pour un acteur hétéro de jouer le rôle d'un homo caricaturé (folle) ou d'un homo plus banal ?

Stephan Guérin-Tillié : Je ne sais pas si jouer un personnage de gay "banal" est plus facile, mais c'est plus crédible ! On n'avait pas du tout envie de tomber dans une caricature. On voit tout le temps les mêmes clichés, alors que les gays sont tous différents !

L'homo à la télé est souvent présenté comme l'ami d'un personnage (souvent, d'une femme). Il est décorateur, il n'a pas de sexualité, il sait bien cuisiner... C'est lassant ! Les gays ne sont pas tous décorateurs, ils ne savent pas forcément cuisiner !

J'avais envie d'aborder le sujet de manière plus banale. On ne lit pas la sexualité des gens sur leur visage ! Par exemple je n'ai pas aimé "Pédale douce". l'homosexualité ne se confine pas au Marais, les ghettos me font un peu peur.

Dans une comédie, un personnage plus caricatural peut se comprendre, mais uniquement si c'est décalé, si ça va au delà de la caricature, comme le numéro de Michel Serrault dans la "Cage aux Folles", qui en fait trop pour que ce soit simplement de la caricature.

Gay.com : Comment ont réagi tes proches en apprenant le rôle que tu allais jouer, et après la diffusion du film ?

Stephan Guérin-Tillié : Tous mes proches qui ont vu le film l'ont vraiment aimé. Ils ont réellement cru à l'histoire d'amour, donc je me suis dit que c'était gagné ! Je n'ai eu aucune réflexion négative.

Gay.com : Comment Cyrille et toi avez vous pu être crédibles dans les scènes intimes à ce point ?

Stephan Guérin-Tillié : Quand tu joues une histoire d'amour, tu en peux pas oublier l'aspect sensuel et physique de cette histoire d'amour ! Il y a un travail d'acteur, même si ça fait un peu prétentieux de le dire comme ça, et tu essayes d'aller au delà de certaines barrières, qui en plus ne sont pas insurmontables !

Il y a en plus une certaine pudeur. Encore une fois, c'est juste une question d'amour. Si tu ne peux pas jouer une scène de baiser, c'est que tu ne crois pas à l'histoire d'amour. C'est plus dur de jouer un criminel de guerre nazi qu'une scène de baiser entre deux mecs !!

Gay.com : Bien qu'étant hétéro, es-tu flatté de recevoir des compliments d'homos suite à ce film ?

Stephan Guérin-Tillié : Oui, je suis flatté, je trouve ça génial. Tous les acteurs sont un peu égocentriques ! (Il rigole) Je suis content que les gens croient à l'histoire d'amour.

Gay.com : Qu'est-ce qui t'a le plus plu/déplu dans le tournage de ce film?

Stephan Guérin-Tillié : Ce qui m'a le plus plu, c'est qu'on a travaillé pour le préparer, ce qui n'est pas si souvent. Christian était très ouvert sur les personnages. Ce qui m'a plu aussi, c'est qu'on a travaillé en Belgique, et j'ai trouvé les techniciens supers, parce lors du tournage des scènes d'amour, tu as toujours 5 ou 6 personnes sur le plateau, c'est pas évident à gérer. Et il n'y a eu aucun regard ironique ou moqueur. J'ai été épaté par ça. Je n'ai pas trop de mauvais souvenir, ça a été une vraie belle aventure.

Gay.com : Si on te redemande dans un film gay, acceptes-tu ?

Stephan Guérin-Tillié : Depuis le film, on m'a fait trois propositions de personnages gays, que j'ai refusé pour une raison simple : parce que ces rôles étaient bien moins intéressants que celui de Cédric dans "Juste une question d'amour". Je ne veux pas être catalogué, j'ai envie de jouer plein d'autres choses.

Gay.com : Jouer le rôle d'un gay, ça a été une démarche purement professionnelle, ou est ce que ça t'a fait te poser des questions sur l'homosexualité, que tu ne t'étais pas posées avant ?

Stephan Guérin-Tillié : Oui, tu te poses des questions... Enfin, c'est pas exactement des questions... Je me suis impliqué parce que quand un projet demande un investissement particulier, tu te demandes si tu es capable de défendre ce personnage. Mais je ne me suis pas posé de questions sur ma sexualité ! (il rigole) Je me suis davantage rendu compte des difficultés que les gays peuvent rencontrer.

Avant de poser la question suivante, j'explique à Stephan qu'il y a eu plus de 100 messages de réactions dans le débat de OOups / Gay.com, et je lui lis trois témoignages de lecteurs. Le témoignage de Yannick dans le débat, le témoignage de coming-out de David qui a dit jeudi dernier à ses parents qu'il était gay, et un mail de Jérôme, qui explique que vendredi dernier, un de ses amis, hétéro, lui a dit qu'il savait qu'il était homo et qu'il avait honte de ne pas lui en avoir parlé avant. Jérôme explique qu'il a fondu en larmes tellement il a été touché. Puis je demande à Stephan :

Gay.com :Te doutais-tu que le film aurait un tel impact ?

Stephan Guérin-Tillié : Non, je ne m'attendais pas à ça. Les témoignages que tu m'as lu me touchent beaucoup, j'en suis très heureux, très content !

J'étais très content aussi quand j'ai vu le film pour la première fois. Si ça a remué les gens, c'est que c'est réussi ! La deuxième fois que je l'ai vu, je n'ai même plus fait attention à ma façon de jouer, je n'ai plus cherché mes défauts, comme le font tous les acteurs, je n'ai vu que l'histoire d'amour. C'est très agréable de prendre position sur des questions de société auxquelles on croit.

Gay.com : As-tu conscience que Cyrille et toi allez marquer une partie du public (surtout les gays) avec ces rôles ?

Stephan Guérin-Tillié : Je ne sais pas si je vais marquer. Je pense que ça ne sera que positif. Quelque part, je trouve plus intéressant que Cyrille et moi soyons hétéros. Ca donne plus de valeur à notre participation à ce film.

Gay.com : As-tu eu du mal à avouer à tes parents que tu étais hétéro ? L'ont-ils mal pris ?

Stephan Guérin-Tillié : [Il éclate de rire] Ca me fait rire, je trouve ça très rigolo !

Gay.com : A la lecture de tous les messages de la part de tes admirateurs de OOups / Gay.com, ne regrettes-tu pas de ne pas être homo ?

Stephan Guérin-Tillié : [Il rit encore] Je trouve ça très gentil, ça me fait super plaisir, mais je ne regrette rien parce que je suis heureux et que je souhaite à tout le monde d'être heureux.

Gay.com : Embrasser un gars comme Cyrille Thouvenin, ça ne donne pas envie de devenir homo ?

Stephan Guérin-Tillié : [Nouvel éclat de rire] Non, non, ça ne m'a pas fait changer, mais ça n'empêche pas que Cyrille est à la fois très séduisant et très sympa !

La (longue) série de vos questions terminées, je remercie Stephan de sa patience, mais il continue sur sa lancée :

Stephan Guérin-Tillié : Hier, dans un magasin de la station [Stephan est à Gerardmer pour le festival de cinéma, NDLR], une dame m'a reconnu, elle m'a dit qu'elle avait beaucoup aimé le film, mais elle n'a pas pu m'empêcher de me demander : "Vous en êtes ?" je lui ai répondu que j'étais hétéro, et elle a dit : "Tant mieux, un beau garçon comme vous !" Ca m'a énervé, je me suis dit que le message n'était pas encore complètement passé. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais ce film est un grand pas en avant.

Christian m'a dit un jour, quand on préparait le film : "Ce sera gagné le jour où des gens pourront regarder deux mecs s'embrasser dans la rue sans avoir envie de vomir." C'est tout à fait ça. En même temps, ce que j'aime, c'est qu'il n'y a pas non plus de prosélytisme dans le film.

Je pense que les gens sont plus tolérants que ce qu'on pense, surtout si on leur présente les choses de façon positive.

Il y a une belle phrase, celle de la mère de Marc, qui dit à un moment : "Est-ce qu'on aime vraiment nos enfants autant qu'on le prétend ?"

J'étais sûr que ce film était du jamais vu à la télé française. C'était une volonté du réalisateur, du scénariste, de Cyrille et moi. C'est Cyrille et moi qui avons voulu la scène du baiser. On a dit qu'on ne pouvait pas croire à une histoire d'amour sans une scène de baiser. J'en avais marre des choses édulcorées à la télé, j'avais envie de taper un coup de poing sur la table. On est en l'an 2000 ! On n'est plus coincé dans une morale judéo-chrétienne. j'avais envie de provoquer des réactions chez les gens, même si je ne pensais pas que ce serait à ce point-là.

Propos recueillis par XIII pour OOups / Gay.com, avec les questions des lecteurs


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Interview 02 de Stephan Guérin-Tillié par Fr.Gay.com :

Gay.com : Reparler d'un film diffusé deux ans auparavant, et tourné bien avant, c'est difficile ? C'est ennuyeux ?

Non, pas tellement. Dans le cas de "Juste une question d'amour", c'est plutôt agréable. Si le film est sorti en DVD, c'est qu'il existe une attente, c'est qu'il a suffisamment marché et qu'il est suffisamment emblématique de quelque chose. Donc ça fait plaisir d'avoir participé a un film qui a cette pérenité, alors que la télé est quelque chose d'assez éphémène. Une sortie en DVD, ça marque le coup, c'est assez agréable !

Gay.com : Est ce que vous êtes content que JUQA, plus qu'un autre film moins porteur d'un message, sorte en vidéo, et soit donc visible du plus grand nombre ?

Stephan Guérin-Tillié : Oui, ça me fait extrêmement plaisir qu'il sorte en DVD, et si je fais de la promo, c'est parce que le film m'a marqué dans ma carrière d'acteur. Je le fais avec plaisir, même si je n'ai pas l'impression qu'il n'y ait que ça qui me soit arrivé dans ma vie, j'ai fait plein d'autres choses, donc tout va bien !

Gay.com : Que se serait-il passé si le film était sorti au cinéma ?

Stephan Guérin-Tillié : Si le film était sorti au ciné, ma place en tant qu'acteur aurait été encore différente. Il y a un regard péjoratif de la profession sur la télévision. J'ai la chance de naviguer du ciné à la télé, et sur des sujets qui me plaisent.

Ce film serait sorti au cinéma, il aurait eu un impact beaucoup plus considérable. Il a réussi à exister malgré le nombre de chaînes proposé aux gens. Il a eu un bon audimat, et on en a parlé, il y a eu des débats, des articles de journaux, il est différent d'un téléfilm commun, plus courant.

Ca prouve qu'on peut faire ce genre de film a 20h30, et maintenant il va continuer à exister, au delà de diffusion.

Gay.com : Vous nous disiez que vous aviez déjà joué des rôles de gay dans deux courts métrage de la même réalisatrice. Vous a-t-on proposé d'autres rôles de gay après le succès de JUQA ?

Stephan Guérin-Tillié : On m'a proposé des rôles de gay dans deux films au cinéma, et quatre téléfilms à la télé. J'étais devenu le pédé de service. J'ai refusé un film d'un grand réalisateur, une comédie avec un homosexuel un peu caricatural. Ca m'aurait gêné de jouer un homosexuel caricatural. Pour les téléfilms, les scénarios étaient moins bien.

Le problème n'est pas l'orientation sexuelle du personnage, mais l'intérêt du role. Ce n'est pas important de jouer un homosexuel, je n'ai rien contre le faire, mais uniquement si l'histoire me plait.

Gay.com : "Juste une question d'amour" a-t-il eu d'autres conséquences pour vous ?

Stephan Guérin-Tillié : Professionnellement, j'étais un peu cantonné dans les rôles de jeune premier, tout d'un coup les gens m'ont decouvert. J'ai eu un retour très positif, et j'ai eu d'autres propositions, de maniere plus rapide. J'ai dû faire des choix, on me confie des premiers rôles.

Gay.com : Il y a deux ans, vous nous disiez être flatté des compliments de gays. Est ce qu'on continue à vous en faire ?

Stephan Guérin-Tillié : C'est assez drôle, je continue a avoir des réactions, je recois des lettres, c'est toujours agréable. Il ne faut pas se voiler la face, c'est un métier qu'on fait aussi parce qu'on a envie d'etre aimé. Les compliments font toujours plaisir quand ils sont justifiés.

Gay.com : Lors de notre première interview, vous nous aviez raconté qu'une femme vous avait arrêté dans la rue en vous demandant si vous étiez gay, et avait dit : "Tant mieux, un beau garçon comme vous !". Est ce que vous avez eu d'autres réactions de ce genre ?

Stephan Guérin-Tillié : Non, pas vraiment.... Mais c'est vrai que quand il m'arrive de me balader dans le Marais, je sens parfois des regards de gens qui se demandent si je suis gay..

Gay.com : Avec le recul, comment expliquez-vous l'énorme impact qu'a eu ce film ?

Stephan Guérin-Tillié : "Juste une question d'amour" est différent des autres téléfilms parce qu'il a amené une réflexion, une envie de s'expliquer sur le sujet. On ne m'a pas simplement demandé de photos dédicacées, mais on m'a envoyé des lettres de 2 ou 3 pages où les téléspectateurs expliquaient ce qu'ils avaient ressenti en voyant le film. J'ai reçu beaucoup de témoignages... Le film a fait réagir les gens.

Je crois que les pouvoirs politiques et médiatiques sont en retard par rapport à la société. Quand on regarde le PaCS, ça prouve qu'ils sont en retard tout le temps. les gens sont tout a fait prêts à voir l'homosexualité dans un film si c'est fait intelligement.

Dans "Juste une question d'amour", il n'y avait pas de prosélitisme, mais il y avait une intelligence du scenario. On est même touché par le père, qu'on pourrait prendre pour un salaud.

Et puis c'est aussi pour ca qu'on fait ce métier. Etre acteur, c'est aussi prendre position dans la société à travers des sujets qu'on défend. C'est aussi le sens de ce métier.

Gay.com : Quel souvenir gardez-vous du tournage ?

Stephan Guérin-Tillié : Le tournage s'était passé de facon simple, c'était lié à la Belgique, où les gens sont simples et charmants. Tous les trois [avec Cyrille Thouvenin et le réalisateur, NDLR], on a voulu défendre le sujet, on est sorti des rôles d'acteurs et de réalisateur poour modifier des scènes, proposer des choses. C'est un travail qui devrait être fait sur chaque film...

Gay.com : Vous avez un site officiel, c'est une fan qui vous a contacté ?

Stephan Guérin-Tillié : Oui, on me l'a proposé après le film. Elle m'envoie les mails, j'essaye d'y répondre le plus possible. C'est plutot sympa. C'est une manière d'avoir du courrier tous les soirs (rire), c'est plutôt agréable.

Gay.com : Vous avez aussi réalisé deux courts métrage...

Stephan Guérin-Tillié : Oui, "J'ai fait des sandwich pour la route", avec Manuel Blanc et Eva Darlan, qui a reçu un prix à Sète. Et j'en ai réalisé un autre, "Requiems" avec François Berléand.

Gay.com : Dites nous un mot de votre prochain film, "La sirène rouge"...

Stephan Guérin-Tillié : C'est un film en anglais, qui m'a vraiment amusé. C'est formidable d'aller se balader en tant qu'acteur dans des univers différents, et c'est aussi agréable d'écrire.

L'acteur est l'interprète, on est au service du réalisateur, alors que passer a la réalisation, c'est être maitre à bord. Le film t'appartient en entier...

Mis en ligne le 26 novembre 2001

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